C’est dans un appartement lumineux du quartier Floreasca, au nord de Bucarest, que la Dr. Mihaela Ionescu reçoit ses patients. Sur les murs de son cabinet, des aquarelles de la campagne roumaine côtoient des diplômes en psychologie clinique. Après douze années passées à accompagner des couples interculturels franco-roumains — à Bucarest d’abord, en visioconférence pour ses clients français —, cette psychologue a développé une vision précise et nuancée des dynamiques qui traversent ces unions. Elle voit défiler chaque semaine des hommes français perdus dans leurs représentations et des femmes roumaines incomprises dans leurs attentes réelles. Ce travail au quotidien fait d’elle une observatrice exceptionnelle des malentendus culturels qui fragilisent — ou au contraire renforcent — ces relations transnationales.

La Dr. Ionescu n’est pas une voix de la romance facile. Sa thèse de doctorat, soutenue à l’Université de Bucarest sur « L’adaptation culturelle dans les couples franco-est-européens », lui a appris à se méfier des généralisations commodes. Elle a accompagné plus de 600 couples en douze ans — des rencontres par agence, des histoires nées sur des applications mobiles, des amours de voyage devenus des projets de vie communs. Avec elle, nous avons voulu explorer la question qui revient en boucle chez les hommes français qui envisagent une relation sérieuse avec une femme roumaine : qu’est-ce que cela signifie vraiment, au-delà des stéréotypes ?

Dr. Mihaela Ionescu, psychologue interculturelle spécialiste des couples franco-roumains
Dr. Mihaela Ionescu
Psychologue clinicienne, spécialiste des couples interculturels franco-roumains
Thèse sur l'adaptation culturelle dans les couples franco-est-européens (Université de Bucarest). 12 ans de pratique, plus de 600 couples franco-roumains accompagnés en cabinet à Bucarest et en suivi en ligne pour clients basés en France.

La demande de consultations franco-roumaines depuis 2022

**Notre journaliste :** Le conflit en Ukraine a provoqué des bouleversements géopolitiques importants en Europe de l'Est depuis 2022. Avez-vous observé un changement dans votre patientèle franco-roumaine depuis cette période ?
**Dr. Mihaela Ionescu :** Oui, de manière assez nette. Avant 2022, la majorité des hommes français qui me contactaient pour un accompagnement de couple arrivaient dans une dynamique classique : une relation commencée sur un site de rencontre, une ou deux visites en Roumanie, et le début d'un projet de vie commun qui se heurtait aux premiers obstacles culturels. Depuis 2022, j'observe deux phénomènes distincts.

Le premier, c’est une augmentation du nombre de couples français-ukrainiennes qui sollicitent mon cabinet, parce que la Roumanie est devenue un pays de transit ou d’accueil temporaire pour des femmes ukrainiennes ayant des liens avec des Français. Ce n’est pas mon cœur de métier, mais la proximité culturelle entre Ukraine et Roumanie m’a conduite à élargir mon champ d’intervention.

Le second phénomène, plus intéressant pour notre sujet, c’est que la situation géopolitique a paradoxalement renforcé l’intérêt de certains hommes français pour la Roumanie comme destination de rencontre. La Roumanie est dans l’UE, perçue comme stable, avec une langue latine, une proximité culturelle réelle avec la France. J’ai vu arriver dans mon cabinet des hommes qui avaient initialement envisagé l’Ukraine ou la Russie et qui, pour des raisons pratiques évidentes, se sont tournés vers la Roumanie. Cette population-là, je la suis avec attention, parce qu’elle arrive avec des représentations parfois très composites — un mélange de fantasmes slaves et d’attentes liées à la latinité roumaine. C’est rarement un cocktail stable au départ.

Le mythe de la femme roumaine traditionnelle et soumise

**Notre journaliste :** Le stéréotype le plus tenace sur les femmes roumaines, c'est celui d'une femme traditionnelle, attachée au foyer, qui valorise l'homme comme chef de famille. Ce cliché a-t-il une base réelle ?
**Dr. Mihaela Ionescu :** Ce stéréotype existe, et il correspond à une réalité — mais une réalité partielle, géographiquement et générationnellement très localisée. Si vous rencontrez une femme de 55 ans dans un village de Transylvanie rurale, les valeurs familiales traditionnelles seront effectivement très présentes. Mais si vous parlez à une femme de 30 ans à Bucarest, Cluj-Napoca ou Iași — les trois plus grandes villes du pays —, vous découvrirez en général une femme diplômée, souvent avec un master ou un doctorat, qui travaille à plein temps, qui voyage, qui a ses propres opinions politiques et qui n'a absolument pas l'intention de renoncer à son indépendance pour plaire à un homme.

La Roumanie a un taux de scolarisation des femmes dans l’enseignement supérieur parmi les plus élevés d’Europe de l’Est. Les femmes roumaines urbaines sont ambitieuses, souvent bilingues ou trilingues. Elles valorisent la famille, oui — mais dans un sens très différent de la soumission domestique que projettent certains hommes.

Ce qui est vrai, en revanche, c’est que l’attachement familial est culturellement plus fort en Roumanie qu’en France. Les liens avec les parents, les grands-parents, les oncles et tantes sont solides et durables. Une femme roumaine qui vous présente à sa famille vous envoie un signal fort d’engagement sérieux. Et cette famille aura son mot à dire — non pas de manière autoritaire, mais parce que son avis compte vraiment pour elle. C’est un fait culturel que les hommes français doivent intégrer tôt, parce que cela change la dynamique relationnelle de manière significative. Pour en savoir plus sur les spécificités de cette rencontre, consultez notre page dédiée à la rencontre en Roumanie.

Les différences entre femmes de Bucarest et de province

**Notre journaliste :** Vous évoquez des différences géographiques importantes. Comment expliquez-vous ce fossé entre les femmes de Bucarest et celles des zones rurales ou des petites villes ?
**Dr. Mihaela Ionescu :** La Roumanie a connu une modernisation très rapide et très inégale depuis son adhésion à l'UE en 2007. Bucarest est aujourd'hui une capitale européenne à part entière : elle a ses quartiers branchés, ses start-ups, ses coworking spaces, ses restaurants gastronomiques. Une femme de 28 ans qui travaille dans la tech à Floreasca ou à Cotroceni vit dans un contexte socio-économique et culturel qui n'a plus grand-chose à voir avec celui d'un bourg de Moldavie roumaine ou d'Olténie rurale.

Cela ne signifie pas que les femmes de province sont moins intéressantes ou moins éduquées — beaucoup vont étudier en ville et reviennent. Mais les attentes diffèrent. Une femme de province accordera souvent plus d’importance à la proximité géographique avec sa famille d’origine dans un projet de vie commun. Une femme de Bucarest sera souvent plus flexible sur la mobilité internationale.

Il y a aussi une question de rapport à l’émigration. Dans certaines régions comme la Moldavie roumaine, l’Italie ou l’Espagne ont accueilli une diaspora roumaine massive. Partir à l’étranger pour un projet de vie est culturellement normalisé, parfois même valorisé socialement. Dans d’autres régions, quitter la famille est vécu comme un déchirement. C’est un paramètre crucial que j’évalue avec mes patients dès les premières séances, parce qu’il prédit beaucoup de choses sur la viabilité à long terme d’un couple franco-roumain qui envisage de vivre en France.

Le rapport à la famille et à la belle-famille dans les couples mixtes

**Notre journaliste :** Vous mentionnez l'importance de la famille roumaine dans la prise de décision. Comment les hommes français vivent-ils concrètement cette réalité une fois en couple ?
**Dr. Mihaela Ionescu :** C'est l'un des sujets les plus récurrents dans mes consultations. Les hommes français arrivent avec un modèle familial où le couple est une cellule relativement autonome des familles d'origine — où il est admis, voire valorisé, de prendre des décisions importantes sans en référer systématiquement aux parents. En Roumanie, ce modèle n'est pas la norme.

Je vois régulièrement des hommes français déstabilisés par le fait que leur compagne roumaine appelle sa mère deux fois par jour, que les décisions d’achat importantes se discutent avec les parents, ou que les vacances d’été incluent quasi systématiquement plusieurs jours dans la famille roumaine. Pour eux, cela ressemble à un manque d’autonomie. Pour leur compagne, c’est un signe normal d’affection familiale.

La friction survient aussi dans l’autre sens : la mère roumaine peut percevoir le fils-ou-gendre français comme froid, distant, peu démonstratif. En France, on appelle ça le respect de l’espace privé. En Roumanie, on peut l’interpréter comme de l’indifférence. J’ai eu des cas où c’est la belle-mère roumaine qui a failli faire échouer la relation — non par malveillance, mais par incompréhension mutuelle des codes.

Ce que je recommande à mes patients français, c’est d’adopter une posture d’anthropologue curieux plutôt que de résistance. Comprendre pourquoi cette proximité familiale existe, y participer avec sincérité plutôt qu’en la subissant, change complètement la dynamique. Un homme qui respecte et apprécie la famille de sa compagne roumaine gagne un réseau de soutien extraordinaire. Un homme qui la fuit s’isole doublement.

Couple interculturel franco-roumain en discussion dans un café de Bucarest La communication interculturelle, au cœur du travail thérapeutique de la Dr. Ionescu avec les couples franco-roumains.

Les erreurs les plus fréquentes des hommes français en Roumanie

**Notre journaliste :** Quelles sont les erreurs que vous voyez revenir systématiquement chez les hommes français qui tentent de construire une relation sérieuse avec une femme roumaine ?
**Dr. Mihaela Ionescu :** J'en identifie quatre qui reviennent presque à chaque consultation.

La première, c’est la condescendance économique. La Roumanie a un PIB par habitant inférieur à la France, c’est un fait. Mais certains hommes français arrivent avec une attitude de « mécène » qui est perçue immédiatement par les femmes roumaines comme une forme de mépris déguisé en générosité. Inviter à dîner, être galant, c’est apprécié. Sortir la carte de crédit à tout moment en sous-entendant qu’on « aide », c’est humiliant. Les femmes roumaines que j’accompagne ont souvent un emploi stable, parfois un salaire supérieur à la moyenne locale. Elles n’ont pas besoin d’être « sauvées ».

La deuxième erreur, c’est de projeter des attentes tirées de représentations culturelles vieilles de vingt ans. La Roumanie de 2026 n’est pas la Roumanie de 2005. L’émigration économique massive a reculé, les salaires ont augmenté significativement dans les secteurs qualifiés, et une part croissante des femmes diplômées choisissent de rester au pays ou reviennent après une expérience à l’étranger.

Troisième erreur : ignorer la langue. Je ne parle pas d’un niveau conversationnel — personne n’attend ça. Mais arriver sans avoir appris « mulțumesc » (merci) ou « bună ziua » (bonjour), sans avoir regardé un minimum ce qu’est Bucarest, sans avoir ouvert Wikipédia sur l’histoire roumaine, c’est un signal que vous n’êtes pas vraiment intéressé par la culture — seulement par la femme comme objet de désir.

Quatrième erreur, et la plus subtile : confondre vitesse d’engagement et manque de sérieux. Les femmes roumaines sérieuses veulent souvent structurer une relation relativement vite — pas parce qu’elles sont « pressées » au sens négatif, mais parce que l’ambiguïté prolongée est culturellement moins acceptée qu’en France. Un homme français qui entretient une relation floue pendant dix-huit mois en espérant « voir où ça mène » sera souvent perçu comme peu fiable. Je recommande à mes patients de lire le guide pour rencontrer une femme roumaine avant leur premier voyage — cela évite beaucoup de malentendus coûteux.

Comment les femmes roumaines perçoivent les Français

**Notre journaliste :** Et dans l'autre sens — comment vos patientes roumaines décrivent-elles les hommes français ? Quelle image ont-elles de la relation amoureuse à la française ?
**Dr. Mihaela Ionescu :** C'est une question que j'adore, parce que la réponse est souvent une surprise pour les hommes français qui me lisent.

L’image du Français romantique, cultivé, élégant, est très présente dans la culture roumaine — alimentée par des décennies de francophonie, par les intellectuels roumains formés à Paris, par le cinéma et la littérature. Cette image n’est pas négative du tout : elle crée une disposition favorable à la rencontre.

Mais à côté de cette image positive, il y a des critiques récurrentes que j’entends de mes patientes. Premièrement : les Français ont tendance à parler beaucoup d’eux-mêmes et à écouter peu. Une femme roumaine qui parle de sa famille, de sa ville, de ses projets professionnels s’attend à ce que son interlocuteur pose des questions, montre un intérêt réel. Deuxièmement : la tendance française à la discussion philosophique abstraite peut être perçue comme une fuite devant les décisions concrètes. Troisièmement — et c’est peut-être le plus révélateur — beaucoup de mes patientes soulignent que les hommes français semblent avoir peur de l’engagement, ou du moins qu’ils le signalent tardivement et de façon indirecte. En Roumanie, on dit les choses clairement. Un homme qui est intéressé le dit. Un homme qui ne veut pas de relation sérieuse le dit aussi — et c’est respecté.

Cela dit, les qualités appréciées sont réelles : la culture générale, la conversation, une certaine douceur dans les rapports, l’intérêt pour la cuisine et les arts. Ce ne sont pas des clichés vides — ce sont des traits culturels que mes patientes roumaines identifient comme des points de connexion authentiques avec leurs partenaires français.

La question de l’émigration : motivation réelle ou fantasme des hommes ?

**Notre journaliste :** Beaucoup d'hommes français se demandent si les femmes roumaines qui s'intéressent à eux le font sincèrement ou pour s'installer en France. Comment abordez-vous cette question avec vos patients ?
**Dr. Mihaela Ionescu :** C'est une question légitime, et je ne la balaie pas d'un revers de main. Mais je dois la recadrer sérieusement.

D’abord, un rappel factuel : la Roumanie est dans l’Union européenne depuis 2007. Une citoyenne roumaine a le droit de s’installer en France sans aucune démarche administrative particulière. Elle n’a pas besoin d’un mari français pour émigrer — elle peut le faire demain matin si elle le souhaite. Le scenario du « mariage de complaisance pour obtenir des papiers » est simplement anachronique pour une ressortissante roumaine.

Ce qui est vrai, en revanche, c’est qu’une relation sérieuse avec un homme vivant en France offre un ancrage social, un réseau, une stabilité dans un pays étranger. Ce n’est pas de la manipulation — c’est une réalité que vivent aussi les Françaises qui s’installent à l’étranger avec leur partenaire. La question n’est pas « est-ce qu’elle m’aime vraiment ou veut-elle juste s’installer en France ? » — c’est une fausse dichotomie. La question pertinente est : « est-ce que ce projet de vie commun en France est réellement partagé, ou est-ce moi qui projette ? »

Sur tous les sites gratuits pour rencontrer des Ukrainiennes et Roumaines, j’observe que les profils les plus sérieux sont souvent les femmes qui mentionnent explicitement qu’elles veulent rester en Roumanie ou qui envisagent une mobilité sans l’avoir décidée. Paradoxalement, ce sont souvent ces femmes-là — qui ne cherchent pas activement à partir — qui font les meilleures compagnes pour un projet binational, précisément parce que leur motivation n’est pas l’émigration à tout prix.

Conseils pour les 6 premiers mois d’une relation à distance

**Notre journaliste :** Une relation franco-roumaine commence souvent à distance. Comment accompagnez-vous les couples dans cette phase particulièrement délicate ?
**Dr. Mihaela Ionescu :** Les six premiers mois d'une relation transnationale sont décisifs, et je dirais qu'ils testent deux choses distinctes : la qualité de la communication d'un côté, et la solidité du projet de vie de l'autre.

Sur la communication : la distance amplifie tout — les bons moments semblent encore meilleurs en visioconférence, mais les malentendus deviennent aussi plus durables parce qu’on n’a pas le contact physique pour les désamorcer. Je recommande systématiquement à mes patients de ne pas se limiter aux messages texte. Un appel vidéo régulier, au moins deux ou trois fois par semaine, crée une routine de présence qui compense partiellement l’absence physique.

Sur le projet de vie : je pose toujours cette question dès la deuxième ou troisième séance — « dans six mois, où vivez-vous ? » Si ni l’un ni l’autre ne peut répondre clairement, c’est un signal d’alarme. La distance sans horizon temporel est épuisante. Pas parce qu’il faut précipiter les choses, mais parce qu’un calendrier même approximatif — « je viendrai en Roumanie en septembre, elle viendra à Paris en novembre, nous décidons en décembre si on continue avec une installation progressive » — donne un sens à l’effort quotidien.

Je conseille également de planifier au moins deux visites physiques dans les six premiers mois, idéalement dans les deux contextes culturels — chez elle à Bucarest, et en France chez vous. Observer comment l’autre évolue dans son environnement naturel révèle des facettes de personnalité que les conversations digitales ne montrent jamais. Et beaucoup de relations qui « fonctionnaient très bien en ligne » échouent au premier contact prolongé — mieux vaut le savoir tôt.

Femme roumaine de dos, regardant la skyline de Bucarest depuis une terrasse Bucarest, capitale moderne d’une Roumanie en pleine transformation — loin des clichés de l’Europe de l’Est figée.

L’intégration en France : défis spécifiques aux femmes roumaines

**Notre journaliste :** Quand la relation aboutit à une installation en France, quels défis spécifiques observez-vous chez les femmes roumaines par rapport, par exemple, aux femmes ukrainiennes ou russes que vous côtoyez parfois ?
**Dr. Mihaela Ionescu :** La différence principale, c'est le statut d'expatriée européenne versus ressortissante hors-UE. Sur le plan administratif, une femme roumaine en France n'a pas besoin de visa, peut travailler sans autorisation spécifique, accède aux mêmes droits sociaux qu'un citoyen européen. Cela enlève une couche de stress administratif réelle, contrairement aux femmes ukrainiennes dont le statut légal en France reste complexe et évolutif depuis 2022.

Mais le reste des défis est comparable : la solitude du réseau social reconstruit de zéro, la méconnaissance des codes professionnels français, le deuil de l’environnement familier. Et pour les femmes roumaines, il y a un paradoxe particulier : elles parlent souvent un français correct ou bon, ce qui donne l’impression que l’intégration sera facile. Mais comprendre la langue n’est pas comprendre les codes implicites d’une culture professionnelle ou sociale.

Un exemple concret que je cite souvent : en Roumanie, dans une réunion professionnelle, on dit directement « cette idée ne fonctionne pas parce que ». En France, on utilise souvent des tournures indirectes, des faux acquiescements, des « c’est une piste intéressante, mais… » qui peuvent être interprétés comme un accord par quelqu’un qui ne maîtrise pas les sous-entendus. J’accompagne plusieurs patientes roumaines qui ont été déstabilisées dans leur première expérience professionnelle française précisément parce qu’elles prenaient les acquiescements polis pour des validations réelles.

Pour les démarches administratives liées à l’installation d’une conjointe étrangère en France, je recommande de consulter les informations sur les démarches visa pour un conjoint étranger en France — même si les ressortissantes UE n’ont pas besoin de visa, certaines démarches de reconnaissance de diplômes ou d’inscription au système de santé nécessitent un accompagnement spécialisé.

Pour un accompagnement spécialisé pour couples franco-européens, des structures existent qui peuvent faciliter ces démarches d’intégration concrètes au-delà du seul travail thérapeutique.

Ce que l’expert recommande avant un voyage de rencontre en Roumanie

**Notre journaliste :** Si vous deviez donner trois conseils à un homme français qui planifie son premier voyage de rencontre en Roumanie, quels seraient-ils ?
**Dr. Mihaela Ionescu :** Trois conseils, volontiers.

Le premier : documentez-vous réellement sur la Roumanie avant de partir. Pas pour citer des statistiques en dîner, mais pour arriver avec une curiosité authentique. Lisez sur l’histoire du pays — le régime Ceaușescu, la transition post-communiste, l’adhésion à l’UE et ce qu’elle a changé concrètement pour les Roumains. Écoutez un peu de musique roumaine — la scène électronique de Bucarest est mondialement reconnue, et les artistes folk comme Maria Tănase font partie de la culture commune. Cette préparation ne prend pas longtemps, et elle montre un respect fondamental pour la culture de la femme que vous allez rencontrer.

Le deuxième conseil : soyez honnête sur vos intentions dès le début. Les femmes roumaines que je connais ont une tolérance très faible pour l’ambiguïté calculée. Si vous cherchez une relation sérieuse avec un projet d’avenir commun, dites-le clairement. Si vous n’êtes pas encore sûr, dites-le aussi — mais ne faites pas semblant d’être prêt pour un engagement que vous n’envisagez pas. La sincérité maladroite est toujours préférable à la séduction sans fond.

Troisième conseil : prévoyez de revenir. Un voyage de rencontre unique ne suffit pas pour prendre une décision aussi importante. Prévoyez dans votre agenda, avant même de partir, une seconde visite dans les deux à trois mois qui suivent. Cela change votre posture sur place — vous n’êtes plus en mode « touriste de la rencontre » qui essaie de maximiser chaque heure. Vous êtes quelqu’un qui construit quelque chose, pas quelqu’un qui consomme une expérience. La femme en face de vous le ressent immédiatement.

Questions rapides — idées reçues

Affirmation Réalité selon la Dr. Ionescu
“Les femmes roumaines veulent toutes partir de Roumanie” Une majorité des femmes diplômées urbaines de moins de 35 ans préfèrent rester en Roumanie, dont le marché du travail qualifié s’est considérablement amélioré depuis 2015
“La femme roumaine sera dépendante financièrement de son mari français” Les femmes roumaines urbaines ont généralement un emploi qualifié et un revenu stable ; l’idée de dépendance économique choque souvent plus la femme que l’homme dans le couple
“La barrière culturelle est trop grande pour que ça marche vraiment” La proximité latine (langue, rapport à la famille, gastronomie, catholicisme) crée au contraire de nombreux points de convergence naturels entre Français et Roumains
“Une femme roumaine traditionnelle va accepter tout ce que je décide” L’attachement aux valeurs familiales n’implique pas la soumission : les femmes roumaines sont directes, ont des opinions fermes et n’hésitent pas à les exprimer
“Connaître quelques mots de roumain ne sert à rien” Même un niveau basique de roumain (merci, bonjour, quelques phrases simples) est perçu comme un signal fort d’intérêt sincère et change immédiatement le registre de la relation
“Les femmes roumaines sont froides jusqu’au mariage” C’est une confusion avec d’autres cultures d’Europe de l’Est ; les Roumaines sont généralement chaleureuses et affectives, avec une expressivité émotionnelle assez proche de la culture méditerranéenne française

Les 3 choses à retenir

  1. La diversité interne est considérable : la femme roumaine de Bucarest et la femme de province rurale partagent une langue et une culture, mais des attentes et des modes de vie souvent très différents — ne généralisez jamais à partir d’un seul profil.
  2. L’attachement familial est une force, pas un obstacle : comprendre et respecter la centralité de la famille dans la culture roumaine transforme un frein potentiel en atout relationnel — les familles roumaines accueillent chaleureusement les partenaires étrangers qui font l’effort de s’y intégrer.
  3. La sincérité et la cohérence sont les valeurs les plus appréciées : une communication directe sur vos intentions, un projet de vie partagé clairement articulé, et une présence régulière malgré la distance sont les trois piliers d’une relation franco-roumaine qui dure. Pour approfondir ces dynamiques avec l’aide de professionnels, les conseils séduction interculturelle proposent des outils pratiques pour aborder une relation franco-est-européenne avec confiance et authenticité.

Questions fréquentes

Les femmes roumaines sont-elles vraiment plus traditionnelles que les Françaises ?
Selon la Dr. Ionescu, cette généralisation cache une grande diversité. Les femmes roumaines urbaines de Bucarest ou Cluj ont des valeurs souvent proches de leurs homologues parisiennes : diplômées, indépendantes, professionnellement actives. L'attachement familial est plus fort en Roumanie, mais cela ne signifie pas une soumission au rôle traditionnel. Chaque femme est d'abord un individu avec son histoire propre.
Pourquoi des hommes français cherchent-ils des femmes roumaines pour une relation sérieuse ?
La Dr. Ionescu observe plusieurs motivations : une déception vis-à-vis des relations en France, une attirance pour la culture latine proche du tempérament roumain, et une perception (parfois idéalisée) que les femmes roumaines accordent plus d'importance à la famille. Elle insiste sur le fait que les meilleures relations sont celles fondées sur une connaissance réelle de la culture roumaine, pas sur un fantasme.
Quelles sont les principales différences culturelles entre France et Roumanie dans les relations amoureuses ?
La Dr. Ionescu identifie trois différences majeures : le rôle de la famille (très présente en Roumanie dans les décisions importantes), la communication (plus directe et moins filtrée que la culture française du 'non-dit'), et le rapport au temps (les engagements relationnels sérieux arrivent plus rapidement en Roumanie que la norme française).
Comment un Français peut-il impressionner une femme roumaine lors d'une première rencontre ?
La ponctualité, la galanterie authentique (pas ostentatoire) et un réel intérêt pour la culture roumaine font la différence. Quelques mots en roumain sont toujours appréciés. Éviter les clichés sur la pauvreté ou le passé communiste. La Dr. Ionescu recommande de s'informer sur Bucarest, les traditions roumaines ou la cuisine avant la rencontre.
La barrière de la langue est-elle un obstacle réel pour rencontrer des femmes roumaines ?
Moins qu'on ne le croit. Le roumain est une langue latine, et de nombreuses femmes roumaines, surtout les moins de 40 ans avec un niveau universitaire, parlent un français correct voire très bon. L'anglais fonctionne aussi très bien. La Dr. Ionescu recommande d'apprendre quelques bases de roumain : c'est un signal fort d'intérêt sincère pour la culture.